Ne vous est-il jamais arrivé de connaitre quelqu’un sans que pour autant vous n’en soyez proche ni qu’il y ai quoi que ce soit de commun entre vos 2 mondes mais avec qui pourtant vous vous sentiez lié d’une façon indéfinissable ???
Et voici qu’au retour d’une magnifique journée de pur bonheur a glander sous un cocotier au bord d’une piscine cette personne que vous avez vu 2 jours auparavant et quitté avec un devenu habituel «  a la semaine prochaine, Inch Allah » on vous annonce son décès.

Yassine, ma bonne amie de mosquée comme je l’appelle, nous avait quitté. On avait envoyé un gosse m’en prévenir. Cette femme si pieuse ne me garderait plus une place a sa droite chaque vendredi. J’allais devoir affronter ne plus l’y voir.
Je n’arrivais pas a y croire. Et je me mis a tourner/virer, faisant le tour de la maison, allant de la cour a ma chambre, de ma chambre à la cour, comme si cela allait changer la réalité des choses !!
Mon égoîsme de mortelle m’infligeait une réelle souffrance que j’essayais d’atténuer en me disant que tel était son destin et qu’elle devait reposer en paix tant elle avait le cœur pur et sa croyance forte.
Cette femme a coté de qui j’avais tant de plaisir a prier ne serait plus a mes cotés pour partager ma foi, ni m’accompagner dans mon apprentissage des rites de cette religion a laquelle je venais de me convertir. Son sourire quand elle m’avait vu la première fois à l’entrée de la partie réservée aux femmes. Elle s’était poussée et m‘avait fait une place a sa droite. Le lendemain une de ses nièces était venue me porter un joli boubou blanc accompagné de son pagne « pour que je sois a l’aise dans mes vêtements quand je voudrais prier » m’a-t-elle fait dire. Adorable Yassine.
…..
Impuissante devant cette nouvelle, le cœur battant la chamade sans que je puisse l’arrêter, et, malgré l’heure un peu tardive, je décidais d’appeler Hass l’électricien de la maison qui habite le même quartier qu’elle. Lui saurait m’expliquer ce qui était arrivé.

Hass , mon ami, qui a tant de mal a parler aussi vite que sa pensée
- «  Ma ma tante, son son m maari « 
- « Oh non Hass, pas les 2, ne me dis pas que son mari aussi »
- «  N non m ma tante, p pa elle, c c’est son ma-mari qui est mort »

Et je compris alors que le petit venu annoncer la nouvelle s’était trompé de mort.
Honte a moi de reconnaitre que ça me rendit légère et joyeuse sur le champs Je riais et je pleurais à la fois, en demandant pardon de ressentir un tel soulagement, compatissant en même temps à la peine de cette femme qui venait de perdre son mari et souhaitant que la terre soit légère a cet homme qui venait de la quitter.

On dit ici que lorsque l’on « fait mourir ainsi une personne » on lui prolonge la vie.
Durant 4 mois et 10 jours elle ne sortira pas de chez elle. J’ai plaisir a y passer avant d’aller à la mosquée lui porter quelque friandise ou un ptit billet, non pour elle, oh elle refuserait, mais pour notre caisse de la mosquée, notre toit prend l’eau.


Vraiment je l’ai crue décédée et j’en ai eu mal comme jamais je n’aurais pensé. Nous sommes sœurs et égales dans notre foi,; Elle et moi vivons chacune dans notre monde mais notre planète est la même et notre foi sincère.

Alkhamdoulillah Rabbil Alamine